giap-microPériodiquement, les Haïtiennes et les Haïtiens sont appelés aux urnes pour choisir leurs représentants dans les institutions démocratiques. Mais à chaque fois, c’est le même dilemme, comment choisir ? La faiblesse des partis politiques et la prolifération de candidats indépendants dont pour la plupart on entend le nom qu’au moment des élections rend la tache des électeurs difficiles.

D’autre part, le manque de moyens empêche la majorité de candidats de mener une campagne dans les règles pour se présenter à l’électorat qui a la chance de les connaître et  de pouvoir choisir en connaissance de cause.

La campagne électorale, dans ce cas, se résume le plus souvent à des déclarations dans les médias ou en impression de quelques rares photos collées sur les murs. Seuls les plus chanceux ont les moyens de faire des tournées de rencontres, des rassemblements et meetings, se faire voir sur les grandes affiches de l’environnement urbain ou de se payer des spots publicitaires à la radio ou à la télé.

Les campagnes électorales se déroulent alors dans la quasi indifférence des électeurs ce qui affecte le taux de participation à chaque fois plus réduit aux différents processus électoraux. Le manque d’intensité dans la vie des partis, la réticence des citoyens à incorporer un parti politique, la désaffection pour la chose publique sont autant d’éléments, entre autres, qui affectent la dynamique politique et le plus souvent, comme on l’a vu aux dernières élections, nos élus choisis par un électorat réduit souffrent d’une certaine carence de légitimité.

Il y a fort à faire pour redynamiser l’espace politique en permettant le renouvellement du personnel, favoriser l’émergence de nouvelles figures, de nouveaux leaders capables d’attirer la grande foule dans le processus électoral en y réintroduisant la notion de fièvre. Il y a assez longtemps que le thermomètre s’est gelé en Haïti. L’absence d’intérêt par le défaut de personnages de référence mettant le public en confiance, la perte des illusions à partir des déboires et des déceptions induites par une transition interminable sont des facteurs à considérer, parmi d’autres, pour réanimer l’espace électoral en y réintroduisant un degré suffisant de passion capable de provoquer le dégel, le réchauffement du mercure en vue du retour périodique de la fièvre électorale.

Le Groupe d’Intervention en Affaires Publiques (GIAP) qui réunit des spécialistes des médias, veut contribuer à ranimer la flamme autour des candidats en présence, en les présentant au public au cours d’émissions où la presse et le public auront l’opportunité de leur poser des questions qui leur permettent de dévoiler leur stratégie, présenter leur vision de leur rôle au sein des institutions, et leur programme, le cas échéant.

Une émission électorale mettant en présence des groupes de candidats en face de groupes de journalistes supportés par un public qui peut à tour de rôle diriger leurs questions aux candidats, sera mise en place pendant la période de campagne. Cette émission, ‘’ ANVAN’N VOTE’’  qui sera diffusée par un ensemble de médias, viendra apporter un élément de plus aux candidats qui, comme on l’a déjà vu, n’ont pas toujours la possibilité de se faire connaître par les moyens classiques.

Le public des électeurs aura alors une opportunité de connaître les candidats en présence et pourra ainsi faire son choix délibérément. Cette émission viendra combler une lacune et donnera un choix à l’électorat qui, à défaut, est exposé à la manipulation des uns et des autres qui influencent en général son choix sans que ce soit un acte conscient et volontaire. ‘’ANVAN’N VOTE’’ atteindra ainsi le double objectif de présenter le candidat qui peut faire un minimum de campagne, le public du même coup a les informations minimales quant à ceux qui prétendent le représenter à l’intérieur de nos institutions.